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Saint-Nazaire connaît un nouveau printemps industriel

04/05/2017

Aéronautique, construction navale, éoliennes : l'industrie de Saint-Nazaire tourne à plein régime. Le paysage se garnit de nouvelles unités de production.

Rarement le bassin industriel de Saint-Nazaire a connu une telle floraison d'usines. Le 12 mars dernier, à Montoir-de-Bretagne, Figeac Aéro a livré les premiers éléments de ses planchers d'A350 à son voisin américain Spirit Aerosystems, lui-même fournisseur d'Airbus Saint-Nazaire. « Créer des filiales proches de nos clients est l'un de nos axes stratégiques », explique Jean-Claude Maillard, le PDG. L'implantation est liée à un contrat de 60 millions de dollars avec Spirit, très gros donneur d'ordres présent en Amérique du Nord et en Europe. Installé en location, Figeac construira sa propre unité d'ici à 2018, un investissement de 5 millions d'euros qui s'accompagnera de 80 emplois localement.Sous l'impulsion d'Airbus, d'autres usines apparaissent, comme Simra, filiale de Segula Technologies, qui a inauguré une usine de tôlerie-chaudronnerie de 7.000 mètres carrés à Saint-Nazaire. Si la nouvelle unité rassemble 120 personnes, l'industriel a l'intention de porter l'effectif à 250 d'ici à trois ans. Chaudronniers et ajusteurs seront recrutés en nombre.

Emergence des énergies marines

Espace, une société locale usinant des pièces d'avion, change elle aussi de dimension. Cette PME familiale vient d'annoncer la construction de 9.000 mètres carrés d'usine à Saint-Nazaire, non loin de son site actuel. Ce projet capacitaire, d'un coût supérieur à 17 millions, créera 110 emplois d'ici à 2018. Espace avait un temps envisagé cet investissement en région toulousaine. Le soutien dans le portage immobilier et foncier offert par les collectivités l'a retenu dans la région. « Habituellement, à Saint-Nazaire, l'aéronautique et la construction navale évoluent selon des cycles différents, un secteur relaie l'autre, observe David Samzun, maire socialiste de la ville. Aujourd'hui, les deux secteurs sont au plus haut simultanément. " A cela s'ajoute l'émergence des énergies marines. A Montoir-de-Bretagne, les deux usines d'Alstom Wind viennent de démarrer la production des éoliennes offshore. A quelques centaines de mètres, c'est STX France qui tente lui aussi le pari de l'éolien avec un nouveau pôle industriel destiné à fabriquer des fondations métalliques. Et pour les paquebots, son activité historique, STX vient de mettre en place une autre usine, qui fabriquera à la chaîne des cabines.« Désormais, notre souci, c'est que toute cette activité génère le maximum de retombées sur le territoire en termes d'emplois », souligne David Samzun, pointant le fait que, paradoxalement, le taux de chômage sur le bassin (9,5 %) reste au-dessus de la moyenne départementale. L'élu évoque les regards parfois désabusés des uns et des autres sur ces bonnes nouvelles. Il exhorte l'Etat à « assumer ses responsabilités » dans les domaines de la législation du travail et de la formation professionnelle « afin de déboucher sur un plan d'action concret pour la dynamisation du bassin d'emploi ". En écho à cette préoccupation, la région des Pays de la Loire vient de lancer Aéro 2030, un plan régional pour soutenir l'essor de la filière aéronautique. Le dispositif, qui devrait rassembler plus de 1 million d'euros, vise à aider les entreprises à investir, se diversifier, recruter, former leurs salariés, explique Christophe Clergeau, vice-président de la région. L'autre volet, défensif, doit permettre d'anticiper les difficultés, en favorisant notamment les fusions de sous-traitants. Selon le conseil régional, l'aéronautique, dans la région des Pays de la Loire, représente au total 25.000 emplois.

En savoir plus sur https://www.lesechos.fr/23/03/2015/lesechos.fr/0204247612267_saint-nazaire-connait-un-nouveau-printemps-industriel.htm#RZrlgDB0sbWv7wgI.99

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